Monthly Archive for May, 2006

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Vingt ans après: soyons honnêtes

Après avoir passé cinq jours particuliers à Sofia, capitale de la Bulgarie, je prends pour la première fois un vol d’Air Bulgarie, qui me mènera à ma prochaine destination de ce voyage sans (beaucoup) de préparations que je fais pour les vingt ans de mon pèlerinage sur le Chemin de Saint-Jacques.

Comme il est interdit d’allumer l’ordinateur avant et après le décollage, je feuillette distraitement le magazine de bord. Comme dans tous les magazines des compagnies aériennes, je sais qu’il y aura des descriptions des merveilles du pays, mais je ne suis pas très intéressé car ma visite fut superbe et c’est pour ça que je n’ai pas besoin de quelqu’un pour me dire à quel point le pays est merveilleux. Il y a plusieurs années, pendant le très répressif régime communiste, quand personne ne pouvait visiter le pays, un écrivain brésilien écrivit un livre qui mettait en cause l’existence même de la Bulgarie : selon lui, il n’avait jamais connu personne qui était venu ici. Ainsi, peut-être tout cela était-il une grande conspiration pour que nous croyions à une réalité inexistante ? Évidemment le livre est très enjoué, ne critiquant en aucune façon les Bulgares, mais simplement explorant le fait que l’imaginaire collectif peut parfois être manipulé.

Je pense à cet écrivain quand, en lisant le magazine de bord, dans les pages normalement consacrées aux informations concernant les hôtels, les restaurants, les procédures d’embarquement, je tombe sur quelque chose qui me surprend et me fascine :

A] Marcher dans le centre-ville de Sofia signifie faire face à des voitures garées sur les trottoirs, des gens qui klaxonnent tout le temps, des chiens sans laisse, des trous qui apparaissent de nulle part.

B] Si vous voulez rentrer dans un bus, sachez que la porte est très petite et que les chances de se faire mal en entrant sont assez élevées. Jetez une pièce d’un lev (monnaie locale) au conducteur puis criez là où vous voulez qu’il s’arrête et sachez aussi que les bus ne s’arrêtent pas forcément à tous les arrêts. Ne perdez pas votre bonne humeur à cause de ça.

C] Lors de la conduite, prenez en compte les items suivants : votre permis de conduire, votre passeport, des nerfs en acier inoxydable, des yeux qui ne clignent à aucun moment, des panneaux de signalisation qui ressemblent à des hiéroglyphes (la Bulgarie utilise l’alphabet cyrillique), des conducteurs fous.

D] En s’arrêtant à un feu, attendez-vous à ce que votre voiture soit encerclée par une multitude d’enfants prêts à nettoyer votre pare-brises: soyez ferme, n’acceptez pas !

E] Les policiers qui règlent la circulation sont extrêmement vénaux (c’est écrit: prodigiously venal !) et ont un œil rivé sur vous. Agissez comme un saint, ne vous stressez pas, seulement si vous désirez payer une « amende sur le champ », qui n’est rien d’autre qu’une façon de corruption.

F] La Bulgarie a un haut niveau de criminalité, mais s’il vous plaît, relaxez-vous ! Vous serez aussi protégé et exposé qu`à New York, Londres, Paris ou n’importe quelle autre ville.

G] L’éclairage est horrible le soir.

H] Les commerçants n’ont jamais de monnaie. Demandez ainsi à votre hôtel des petites coupures sinon vous allez probablement patienter vingt minutes avant que votre commerçant ne revienne, après être parti chez son voisin ou une banque, avec votre argent.

I] Revenons à l’autobus : certains ont une machine effrayante à l’entrée et il faut que vous sachiez à quel moment précis prendre votre ticket. Rappelez-vous que les transports publics sont payants partout dans le monde. Évidemment que les chances de voir un contrôleur pendant le parcours sont assez élevées, et lorsqu’ils demandent les tickets aux passagers la plupart n’en possède pas d’où des grandes discussions avant qu’ils soient obligés de payer l’amende. Vu que vous avez déjà surmonté tous les problèmes et que vous avez acheté votre ticket, regardez les bagarres sans peur.

Soyons honnêtes : la plupart des grandes villes de la planète connaissent ces problèmes (celui du ticket par exemple je l’ai vécu à Amsterdam). Mais c’est la première fois que je vois une compagnie aérienne parler aussi ouvertement d’eux. Bravo pour le courage, ce qui me fait aimer encore plus ce pays et son peuple.

Le prochain texte sera mis en ligne le 26 Mai 2006

P.S: Cher lecteur,

Pendant ce cheminement, qui remplit mon âme d’expériences très intéressantes, un des moments les plus magiques c’est lorsque, le soir venu, je lis les commentaires sur le blog. Même si je ne peux pas vous répondre à tous, je veux que vous sachiez qu’il est très important pour moi de savoir que je ne suis pas seul sur ce chemin. Merci beaucoup de votre soutien et pour les mots et les idées qui maintenant sont inscrites dans mon coeur.

Paulo Coelho

Veinte años después: seamos honestos

Después de pasar cinco días especiales en Sofía, capital de Bulgaria, entro por primera vez en un avión de Bulgaria Air, que me llevará al próximo destino de este viaje sin (muchos) planes, que hago en homenaje a los 20 años de mi peregrinación por el Camino de Santiago.

Como es prohibido prender el ordenador antes y durante el despegue, paseo mis ojos distraídamente por la revista de a bordo. Como en todas las revistas de las compañías aéreas, sé que allí deben estar describiendo las maravillas del país y no tengo mucho interés en el asunto porque mi visita fue óptima, no necesito que nadie me diga como el lugar es maravilloso. Hace años durante el durísimo régimen comunista, cuando nadie podía visitar el lugar, un escritor brasileño escribió un libro poniendo en cuestión la propia existencia de Bulgaria: según él, jamás había conocido a una sola persona que hubiese venido hasta aquí. De esta manera, quien sabe, todo no pasaba de una gran conspiración para hacernos creer en una realidad inexistente? Es evidente que el libro es extremadamente bien humorado, sin ninguna crítica a los búlgaros, pero explotando el hecho de que el imaginario colectivo, algunas veces, puede ser manipulado.

Estoy pensando en este escritor, cuando leo la revista de a bordo, en las páginas donde normalmente se encuentran consejos a respecto de hoteles, restaurantes, procedimientos de embarque, algo que me deja fascinado y sorprendido:

A] Caminar por el centro de Sofía, significa enfrentarse con coches estacionados en el cordón de la vereda, gente bocinando en sus oídos, perros sueltos, agujeros que surgen sin cualquier aviso.

B] Si quiere entrar en un ómnibus, recuerde que la puerta es pequeña y hay una gran posibilidad de golpearse contra el batiente. Tire una moneda de 1 lev (moneda local) en la falda del chofer, grite donde desea bajarse y sepa que ni siempre los ómnibus van a respetar las paradas. No pierda su buen humor por causa de eso.

C] Para conducir, lleve en consideración todos los itens siguientes: su registro de conductor, pasaporte, nervios de acero inoxidable, ojos que no pueden parpadear en ningún momento, señales de tránsito que se parecen con jeroglíficos Bulgaria usa alfabeto cirílico), motoristas desvariados.

D] Al parar en un semáforo, esté listo para ver su coche cercado por una multitud de niños dispuestos a limpiar su para-brisas: sea firme, no acepte!

E] Los guardias de tránsito son extremadamente venales (está escrito: “prodigiously venal”!) y están de ojo en usted. Compórtese como un santo, no se estrese, a no ser que desee pagar una “multa en la hora”, lo que nada más es que un tipo de corrupción.

F] Bulgaria tiene un alto índice de criminalidad, pero por favor, relaje! Usted estará tan seguro, o inseguro, como en New York, Londres, Paris o cualquier otra ciudad.

G] La iluminación es pésima durante la noche.

H] Los comerciantes nunca tienen cambio. Pida en su hotel billetes chicos o se estará arriesgando a quedarse esperando por el vendedor que fue hasta lo de un vecino o al banco más cercano, para conseguir cambio.

I] Volvamos al ómnibus: existen algunos que tienen una máquina asustadora en la entrada, y usted necesita descubrir en la hora como conseguir sacar su ticket de allí. Recuerde que en cualquier lugar del mundo el transporte público es pago. Es evidente que hay grandes chances de ver, durante el recorrido, inspectores entrando y pidiendo los billetes a los pasajeros, la gran mayoría no los tendrá, habrá una discusión y serán obligado a pagar una multa. Ya que usted superó todos los problemas y compró el suyo, vea estas peleas sin miedo.

Seamos honestos: casi todas las grandes ciudades del mundo tienen la mayoría de estos problemas (ese del ticket, por ejemplo, yo lo viví en Amsterdan), pero por primera vez una compañía aérea habla abiertamente sobre ellos. Felicitaciones por el coraje que me hace amar más todavía, al país y a su pueblo.

Próximo texto: 26.05.06.

P.S: Caro lector,

En este camino que me está llenando el espíritu con experiencias interesantísimas, uno de los momentos más mágicos es cuando, durante la noche, puedo leer sus cometarios en el blog. Mismo que no pueda responder a todos, quiero que sepan que es muy importante para mi saber que no estoy solo en este camino. Muchas gracias por su soporte y por las palabras e ideas que seguirán grabadas en mí corazón.

Paulo Coelho

Twenty years later: let’s be honest

After spending five special days in Sofia, the capital of Bulgaria, for the first time I board a plane of the Bulgarian Air company, which will carry me to my next destination on this journey without (many) plans that I am making in tribute to the 20 years since my pilgrimage on the Way to Santiago.

Since it is forbidden to turn on your computer before and during take-off, I take a look at the airline magazine. Like all other airline company magazine, I know that it will describe the marvels of the country, which I am not very interested in because my visit has been wonderful, so nobody has to tell me again how marvelous the place is. Years ago, during the extremely harsh communist regime when no-one could visit the country, a Brazilian author wrote a book questioning the very existence of Bulgaria: he claimed that he had never known a soul who had come here. So, maybe it was all one big conspiracy to make us believe in a reality that did not exist. The book, of course, is very funny, without any criticism of the Bulgarians, but it does explore the fact that the collective imagination can sometimes be manipulated.

I am thinking of that writer as I read the airline magazine when suddenly, among the pages where normally you find advice about hotels, restaurants and boarding procedures, I come across something that fascinates and surprises me:

A] Walking through the center of Sofia means having to confront cars parked on the sidewalk, people hooting their horns in your ears, dogs straying loose on the street, and holes that appear without any notice to warn pedestrians.

B] If you want to take a bus, remember that the doors are small, so there is a good chance that you will hurt yourself while boarding. Toss a one-lev coin (the local currency) in the driver’s lap, shout where you want to get off, and be aware that the buses do not always respect bus stops. Don’t let that put you in a bad mood.

C] If you’re driving, take all the following items into account: a driver’s license, passport, stainless-steel nerves, eyes that must not blink for an instant, traffic lights that look like hieroglyphics (Bulgaria uses the Cyrillic alphabet), and mad drivers.

D] When you stop at a traffic light, be prepared to see your car surrounded by a crowd of children ready to clean your windshields: be firm, don’t accept!

E] Traffic policemen are “prodigiously venal” and are watching out for you. Behave like a saint, do not stress out, not unless you want to pay an “on-the-spot fine”, which is simply a bribe.

F] Bulgaria has a high crime rate, but please relax! You will be as safe or unsafe here as in New York, London, Paris or any other big city.

G] The lighting is awful during the night.

H] Shopkeepers never have change. Ask at your hotel for low-value bills, otherwise you run the risk of waiting for twenty minutes while the salesperson goes to the neighbor or to the closest bank to get change.

I] To get back to the buses: some of them have a terrifying machine at the door, and you have to discover fast how to extract your ticket from there. Remember that public transportation is paid everywhere in the world. Of course, chances are great that during your journey you will see inspectors boarding the bus and asking the passengers for their tickets, but most of them won’t have tickets, so there will be an argument and they will all end up having to pay a fine. Since you have overcome all these problems by already buying a ticket, you can watch all these arguments without any fear.

Let’s be honest: almost any big city in the world suffers from most of these problems (the ticket situation, for example, is something I have experienced in Amsterdam). But this is the first time that an airline company has ever mentioned such problems. Congratulations on having the courage to do so, this has made me love the country and its people all the more.

The next text will be posted on the 26th of May.

P.S: Dear reader,

During this journey, that is filling my soul with very interesting experiences, one of the most magical moments comes every night when I read the comments posted on this blog. Even though I can’t answer all of you, I want you to know that it’s very important to me to know that I’m not alone on this path. Thank you so much for your support and for the words and ideas that are now engraved on my heart.

Paulo Coelho

Vinte anos depois: sejamos honestos

Depois de passar cinco dias especiais em Sofia, capital da Bulgária, entro pela primeira vez em um avião da Bulgária Air, que me levará ao próximo destino desta viagem sem (muitos) planos que faço em homenagem aos 20 anos de minha peregrinação pelo Caminho de Santiago.

Como é proibido ligar o computador antes e durante a decolagem, passo meus olhos distraídos pela revista de bordo. Como em todas as revistas de companhias aéreas, sei que ali deve estar descrevendo as maravilhas do país, e não tenho muito interesse no assunto, porque minha visita foi ótima, ninguém precisa ficar me dizendo como o lugar é maravilhoso. Há anos, durante o duríssimo regime comunista, quando ninguém podia visitar o lugar, um escritor brasileiro escreveu um livro questionando a própria existência da Bulgária: segundo ele, jamais havia conhecido uma só pessoa que tivesse vindo até aqui. Desta maneira, quem sabe tudo não passava de uma grande conspiração para nos fazer acreditar em uma realidade inexistente? Evidente que o livro é extremamente bem-humorado, sem nenhuma crítica aos búlgaros, mas explorando o fato de que o imaginário coletivo às vezes pode ser manipulado.

Estou pensando neste escritor, quando leio na revista de bordo, nas páginas onde normalmente se encontram conselhos a respeito de hotéis, restaurantes, procedimentos de embarque, algo que me deixa fascinado e surpreso:

A] caminhar pelo centro de Sofia significa enfrentar-se com carros estacionados no meio-fio, gente buzinando ao seu ouvido, cachorros soltos, buracos que surgem sem qualquer aviso.

B] se quiser entrar em um ônibus, lembre-se que a porta é pequena, e há uma grande chance machucar-se no batente. Jogue uma moeda de 1 lev (moeda local) no colo do motorista, grite onde deseja parar, e saiba que nem sempre os ônibus vão respeitar os pontos. Não perca seu bom-humor por causa disso.

C] para dirigir, leve em consideração todos os itens seguintes: uma carteira de habilitação, passaporte, nervos de aço inoxidável, olhos que não podem piscar em nenhum momento, sinais de trânsito que se parecem com hieróglifos (a Bulgária usa alfabeto cirílico), motoristas desvairados.

D] Ao parar em um sinal, esteja pronto para ver o seu carro cercado por uma multidão de crianças dispostas a limpar o seu pára-brisas: seja firme, não aceite!

E] os guardas de trânsito são extremamente venais (está escrito: prodigiously venal!) e estão de olho em você. Comporte-se como um santo, não se estresse, a não ser que deseje pagar uma “multa na hora”, o que nada mais é que um tipo de corrupção.

F] A Bulgária tem um grande índice de criminalidade, mas por favor, relaxe! Você estará tão seguro ou inseguro como Nova York, Londres, Paris, ou qualquer outra cidade.

G] A iluminação é péssima durante a noite.

H] Os comerciantes nunca tem troco. Peça ao seu hotel notas de pequeno valor, ou estará arriscando a ficar vinte minutos a espera do vendedor que foi até o vizinho ou ao banco mais próximo conseguir dinheiro trocado.

I] Voltemos ao ônibus: existem alguns que tem uma máquina assustadora na entrada, e você precisa descobrir na hora como conseguir tirar o seu ticket dali. Lembre-se que em qualquer lugar do mundo o transporte público é pago. Evidente que há grandes chances de ver, durante o percurso, inspetores entrarem e pedirem os bilhetes aos passageiros, a grande maioria deles não terá, haverá uma discussão, serão obrigados a pagar uma multa. Já que você superou todos os problemas e comprou o seu, assista estas brigas sem medo.

Sejamos honestos: quase toda grande cidade do mundo tem a maioria destes problemas (esse do ticket, por exemplo, eu vivi em Amsterdam). Mas pela primeira vez uma companhia aérea fala abertamente sobre eles. Parabéns pela coragem, que me faz amar ainda mais o país e seu povo.

Próximo texto: 26.05.06

P.S: Estimado leitor,

Durante esta caminhada, que está enchendo minha alma de experiências interessantíssimas, um dos momentos mais mágicos é quando chega a noite e posso ler os comentários no blog. Embora não tenha como responder a todos, saibam que é muitíssimo importante para mim entender que não estou só neste caminho. Muito obrigado pelo apoio e pelas palavras e idéias que estão sendo gravadas em meu coração.

Paulo Coelho